DOI: https://doi.org/10.71112/02yv4z32
1975 Multidisciplinary Journal Epistemology of the Sciences | Vol. 3, Issue 3, 2026, July–September
transmettent le tsikbal (le dialogue), le na’atik (la compréhension profonde) et les k’ajlay t’aan
(les paroles de la mémoire), qui constituent la première philosophie de la vie. Briceño Chel
affirme que la femme est «le premier territoire linguistique de l’enfant» (Briceño, 2018, p. 334),
car sa voix transmet non seulement des mots, mais aussi une manière de comprendre et de
percevoir le monde.
Dans cet espace domestique circulent les consejas, des récits anciens qui transmettent
l’humour, les avertissements, les valeurs éthiques et l’orientation spirituelle. Ces récits
constituent une pédagogie affective par laquelle les femmes transmettent une manière de
ressentir et de penser propre à la culture maya. Dans ce sens, l’identité féminine joue un rôle
essentiel dans la préservation de la continuité linguistique, émotionnelle et philosophique du
peuple maya.
Un autre élément important pour comprendre l’identité féminine maya est la sexualité, où
se rencontrent la complémentarité des genres et l’énergie vitale féminine. Marcela Lagarde
souligne que «la situation vitale exprime l’existence des femmes à travers de leurs conditions
concrètes de vie. Chaque femme est façonnée par la formation sociale dans laquelle elle naît,
vit et meurt, par les conditions de production et de reproduction, ainsi que par sa classe sociale,
son groupe d’âge, ses relations avec les autres femmes, avec les hommes et avec le pouvoir,
sa sexualité procréatrice et érotique, ses préférences érotiques, ses traditions, sa subjectivité
personnelle, son niveau de vie, son accès aux biens matériels et symboliques, sa langue, sa
religion, ses connaissances, sa maîtrise technique du monde, sa sagesse et ses pratiques
quotidiennes, tout au long de son cycle de vie» (Lagarde, 1990, p. 2).
Par conséquent, la sexualité féminine maya est conceptualisée à partir de notions
propres, telles que ts’íibil óol (pureté ou clarté intérieure) et tuukulil óolal (penser et ressentir en
équilibre). Dans la tradition maya, le féminin (ixik) et le masculin (kuuch) ne sont pas des
opposés, mais des éléments complémentaires de l’équilibre universel. La poétesse Briceida
Cuevas Cob représente la femme comme «elle qui soutient le tambour du monde» (Cuevas,